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homo sociologicus

La lutte des classes existe, et c'est la mienne qui est en train de la remporter. W. Buffet

Ecce homo

    Récemment agrégé de Sciences économiques et sociales, plus anciennement titulaire d'un DEA de Sociologie (aujourd'hui appelé Master de recherche), j'enseigne les sciences sociales en BTS auprès de futurs travailleurs sociaux et prépare au diplôme de Conseiller en ESF. j'interviens également en tant que formateur au CNAM de Bourges, ainsi qu'à l'Institut du Travail Social de Tours et plus ponctuellement à l'Université de Tours dans le cadre du DU Médiation et gestion des conflits.


   Ce petit blog sans prétention... a quand même celle de fournir quelques pistes de réflexion et d'analyse à propos de concepts et d'auteurs essentiellement sociologiques.


 


    J'apprécie tout particulièrement vos remarques et commentaires qui sont toujours une source de lecture et de réflexion stimulantes. Alors n'hésitez-pas!


 


 


 


    Pour me contacter : tmulteau@gmail.com


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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théories de la reproduction sociale | 05 mai 2012

Approche structuraliste contre approche individualiste : rapide présentation

La théorie structuraliste avance l'idée que la destinée scolaire résulte en grande partie des positions sociales originelles. Ainsi, si les enfants issus de milieux populaires ont une chance d'accès aux études supérieures inférieures aux enfants issus de milieux favorisés, l'explication proviendrait essentiellement de leur disposition héritée en terme de capital culturel, éloignée des dispositions arbitraires socialement constituées propre à l'Institution scolaire, historiquement proche de celles afférentes aux classes bourgeoises, nécessitant un processus d'acculturation difficile et en partie douloureux.

L'habitus incorporé jouerait donc comme un facteur déterminant de la réussite scolaire, par suite de la réussite sociale, entendue comme positionnement avantageux dans la stratification sociale. Si cette explication permet d'expliquer les processus de reproduction sociale, elle devient vite insuffisante et limitée dans les cas de mobilité sociale, où les statuts acquis diffèrent sensiblement des statuts sociaux hérités.   

Un autre moyen d'expliquer ces inégalités de destinées scolaires en fonction des classes sociales réside dans l'approche individualiste à forte dimension stratégique-utilitariste. En effet, selon cette théorie, les inégalités de succès proviendraient, pour faire simple, des inégales stratégies rationnelles des individus et des familles dans le rapport à l'Ecole. Certains investiront davantage dans l'institution, raisonnant selon le principe de l'acteur social rationnel, en terme de coût/avantage. Ainsi, dans les cas où les avantages tirés d'une année d'étude supplémentaires sont considérés comme stratégiquement plus « payant » socialement et économiquement parlant que leur coût (en terme de temps, d'effort, de concentration, de retrait de la vie sociale active), les acteurs privilégieront alors la poursuite d'études. A l'inverse, ceux qui considèrent qu'une année supplémentaire coûte davantage dans l'immédiat que ce qu'elle est susceptible de rapporter à moyen/long terme, auront plus facilement tendance à réduire leur temps de scolarité et se présenter plus rapidement sur le marché du travail.

Ici donc, ce qui domine, ce sont les comportements d'acteurs, considérés comme rationnels, dans le sens d'une rationalité instrumentale (moyen-fin). L'autre dimension essentielle de l'approche individualiste est celle du rapport au temps. Si l'investissement est considéré comme utile pour les uns et moins utile pour les autres, c'est d'abord par rapport aux retombées potentielles à venir qu'on en attend. Ainsi, la contrainte temporelle est l'un des déterminants de choix stratégiques des élèves et de leur famille.

Celles qui sont en mesure de patienter seront plus aptes à favoriser la poursuite d'études, tandis que celles qui seront plus aptes à privilégier le court terme, favoriseront l'entrée rapide sur le marché du travail.

Qu'est-ce qui va motiver différemment les individus dans leur choix temporels (court terme /long terme)?

  • La confiance dans l'institution scolaire d'une part. On peut poser l'hypothèse que la confiance engendre plus facilement des stratégies de poursuite d'études, car les individus pensent que le coût d'une année supplémentaire rapporte sans doute plus à terme. Ils remettent les avantages de l'immédiateté aux avantages supplémentaires attendus de l'avenir. La confiance dans la capacité du système scolaire à assurer un statut socioprofessionnel avantageux et ainsi favoriser la mobilité sociale entraînerait donc des conduites stratégiques à long terme plus soutenus.

     

  • La défiance vis-à-vis du monde du travail, plus précisément à l'égard du travail manuel usant, et peu valorisant, plus souvent associé à un niveau d'étude faible. À l'image du précédent, mais selon un motif profondément différent, l'individu va faire le choix de poursuivre ses études, non pas tant parce qu'il a confiance dans ses chances de réussite via l'institution scolaire, mais avant tout parce qu'il refuse d'entrer sur le marché du travail en l'état. Nous appellerons cette motivation une motivation de poursuite d'étude par défaut. Il n'en reste pas moins qu'elle peut s'avérer tout aussi efficace par la suite que la première. Ce qui est recherché ici n'est pas la sécurité d'un statut socioprofessionnel assuré par l'Institution scolaire, mais davantage un accès tardif au monde du travail, avec l'espoir secondairement que l'Institution joue son rôle d'ascenseur social.

Dans le premier cas, le motif est lié à une destinée scolaire pré-établie, dans le second cas, le motif est lié à une destinée scolaire plus erratique, hasardeuse, sans finalité clairement établie, au moins dans un premier temps. Pour le dire simplement, les stratégies individuelles de poursuite d'étude peuvent suivre deux types de rationalité :

  • une rationalité instrumentale, au sens wébérien du terme, où l'objectif est préalablement défini et l'individu va se donner les moyens d'y parvenir, considérant que l'Institution scolaire lui offre ces moyens. (confiance). Ce type de rationalité est projective, elle s'ancre dans un futur à mettre en oeuvre.

  • une rationalité sans finalité ou rationalité partielle, où à défaut d'objectif prédéfini, l'individu sait ce qu'il ne veut surtout pas faire, avant de savoir ce qu'il veut faire. Il va donc investir dans la poursuite d'étude simplement pour poursuivre ses études. Ce n'est que plus tard que ses objectifs s'établiront clairement. Ce type de rationalité est centrée sur le présent, elle ne se projette pas. L'horizon est encore incertain, sa mise en œuvre reste hasardeuse. C'est une rationalité adjective, où l'immédiateté l'emporte sur la projection.

    → coût> opportunité  →  horizon scolaire court

    stratégies individuelles → calcul coût/opportunité

     coût < opportunité → horizon scolaire long

           → confiance dans l'Ecole → rationalité instrumentale                                                                                                               projet défini             temporalité inscrite dans le futur

    si horizon scolaire long : deux types de motivation :                

              défiance envers le monde du travail → rationalité axiologique                                                                                                         pas de projet clair              temporalité basée sur le présent

     

     

À partir de ces différentes stratégies de construction de destinée scolaire, on distingue ainsi deux profils d'élèves :

  • ceux qui savent ce qu'ils veulent et vont se donner les moyens d'y arriver, investissant pour cela dans des stratégies précises de poursuite d'études. Leur temporalité est inscrite dans le futur et sont près à « sacrifier » le présent.

  • ceux qui ne savent pas précisément ce qu'ils veulent, sinon retarder l'entrée sur le marché du travail, et qui investissent alors dans des stratégies aléatoires de poursuites d'études. Leur temporalité est inscrite dans le présent et ne veulent pas le sacrifier au détriment d'un avenir incertain. Précisons bien que ces derniers, peuvent, à un moment donné dans leur trajectoire scolaire hasardeuse, trouver un sens précis et une orientation claire à leur poursuite d'études et ainsi rejoindre le premier profil, avec sa temporalité afférente.

A partir de ce modèle théorique, nous avons distinguer différents types d'acteurs sociaux en fonction des motivations qui les poussent à poursuivre ou non leurs études. Au-delà des simples motivations, il peut être pertinent d'y adjoindre une lecture en terme de sens de l'expérience scolaire, empruntant le concept à F. Dubet. Il démontre à juste titre qu'un des enjeux essentiels dans la réussite scolaire et la poursuite des études, se rapporte au sens donnée par l'élève à ses expériences scolaires. En fonction de son degré d'adhésion, du degré de légitimité qu'il reconnaît à l'Institution, l'école fera plus ou moins sens pour lui.

Ici, les comportements d'acteurs sont en partie expliqué au travers de leur dimension subjective et individuelle. C'est une sociologie du sujet plus que de l'acteur social rationnel que nous propose Dubet. Mais il nous semble possible de superposer cette lecture à celle que nous proposons, s'appuyant en partie sur le postulat de la rationalité des choix de l'individu. Le manque de sens conduit à deux situations dans notre cas : une situation d'échec, représentée objectivement par des stratégies d'évitement des études, mais et c'est là notre idée principale, une situation de réussite potentielle également, à travers une stratégie de poursuite hasardeuse, essentiellement déterminée par le refus d'entrer sur le marché du travail. À défaut de trouver un sens clair à l'expérience scolaire, celle-ci est toujours moins déconcertante que l'absence de sens qu'il trouve à l'entrée sur le marché du travail. Ainsi, il se maintiendra dans le système scolaire sans pour autant trouver un sens immédiat à son expérience d'élève.

 

L'impact du rapport au temps

Mais si ces deux approches, individualiste et structuraliste, ont eu l'avantage de cibler les phénomènes de reproduction sociale au sein de l'institution scolaire, elles se sont heurtées à la question du changement social. Qu'est-ce qui fait qu'un fils d'ouvrier va devenir cadre supérieur? À l'inverse, qu'est-ce qui fait qu'un fils d'ingénieur va devenir employé administratif? Sont-ce les mêmes logiques qui sont en jeu dans les deux cas? Si l'explication structuraliste montre là ses limites, l'explication individualiste n'apporte pas davantage de réponse plus précise, si ce n'est de dire que dans un cas comme dans l'autre, l'investissement dans la poursuite des études aura été jugé plus coûteux que payant, ce faisant que les stratégies individuelles et/ou familiales auront contribué à favorisé le temps présent sur le temps futur. Autrement dit que le rapport temporel des uns et des autres est en définitive le facteur déterminant du statut acquis.

 

Il serait intéressant de mener une étude empirique sur le rapport temporel vécu à l'Ecole (mode projectif, passif, attentiste, etc.), et ce d'autant plus que nous vivons dans une société caractérisée par un processus d'accélération sociale (Harmut Rosa), aussi bien en terme de transformations sociales, technologiques qu'en terme de rythme de vie, d'expériences vécues. Ainsi, l'horizon temporel semble se rétrécir à mesure que l'expérience vécue se densifie sur le présent.

Pourtant, et ce n'est pas le moindre des paradoxes, il est de plus en plus difficile d'entrer sur un marché concurrentiel du travail sans qualification. L'institution scolaire promeut d'un côté la valorisation du temps long de la formation, tandis que les structures temporelles de la société s'ancrent de plus en plus sur un horizon temporel réduit, mêlant incertitude de l'avenir et densification du temps présent. Accélération des rythmes de vie d'un côté, temps long de l'apprentissage et de la formation de l'autre. Cette désynchronisation des temporalités n'est-elle pas également un frein à la motivation scolaire à laquelle nous semblons assister aujourd'hui ?

Plus précisément, la temporalité vécue de l'expérience scolaire agit-elle de la même façon selon les milieux sociaux, les modes éducatifs, les réseaux de sociabilités scolaires, etc ?

 

Sans pouvoir répondre, faute d'études sur ce sujet, il nous semble voir ici s'ouvrir un champ de réflexion et d'étude pertinents, s'appuyant sur la théorie de l'accélération sociale de Rosa, venant compléter les nombreux travaux existants dans le domaine de la reproduction sociale et de l'Ecole.

 

Publié par deusexmachina à 17:08:48 dans fragments | Commentaires (1) |

pourquoi les américains croient-ils en Dieu? | 26 octobre 2010

A l'opposé de l'approche traditionnelle, considérant les croyances comme des formes inachevées de la pensée rationnelle, déconsidérant par là même ceux qui croient, la sociologie cognitive de Raymond Boudon apporte un regard différent sur les croyances. Loin d'être le produit d'une force inconsciente agissante (passion, pulsions psychiques, pensée primitive) sur les individus, il considère les croyances comme relevant d'un processus d'adhésion conscientisé et rationnel d'acteurs sociaux. La question qui se pose alors est la suivante : pourquoi les individus croient rationnellement à des énoncés objectivement faux ou invérifiables?

Pour y répondre simplement, si les individus croient, c'est parce qu'ils ont de « bonnes raisons » de croire. Leur adhésion à un système apparemment faux de croyances repose sur une démarche rationnelle de choix éclairé. Loin de se satisfaire de l'explication causale de la théorie de la sécularisation, qui sur le long terme et au niveau macrosocial reste pertinente, l'auteur préfère une explication par les choix individuels et les raisons de croire. En effet, la théorie de la sécularisation ne résiste notamment pas au maintien de la croyance religieuse solidement ancrée dans le paysage américain. Comment se fait-il que ce pays, où l'individualisme et le matérialisme sont parmi les plus développés du monde soit aussi religieux. La thèse de la sécularisation échoue à l'endroit même où elle devrait s'appliquer le plus.

En fait, si les USA sont aussi religieux, c'est parce qu'il existe de bonnes raisons pour qu'ils le soient. Et Boudon de citer les grandes théories actionnistes qui permettent d'expliquer cette permanence de la foi religieuse. Si les américains croient, il faut aller chercher les sources de cette croyance au coeur même des motivations individuelles, afin de restituer le sens de la croyance religieuse. C'est donc en explorant le sens que les individus donnent à leur foi que l'on pourra comprendre cette permanence historique. Il s'agit donc d'expliquer par une approche rationnelle et actionniste (en partant des acteurs et du sens qu'ils donnent à leurs actions) les raisons qui font que les citoyens américains sont plus croyants que les autres pays développés.

 

Depuis le XVIII siècle, de nombreux intellectuels se sont penchés sur cette singularité étrange : pourquoi la population américaine est-elle si croyante alors que les populations migrantes originelles ne le sont pas autant? Cette réalité contredit l'hypothèse classique de la sécularisation ou du désenchantement du monde. En outre, les USA ne sont pas un pays arriéré d'un point de vue scientifique, ce qui contredit la théorie évolutionniste de la « mentalité primitive ». la culture US est marqué par un grand pragmatisme, matérialisme et un culte de l'argent, loin des valeurs religieuses. Donc l'hypothèse des forces culturelles agissantes ne tient pas. Pourtant, à la question « croyez-vous en Dieu, 95% des américains répondent oui, contre 51% des français. À la question, « croyez-vous à l'Enfer, 75% des américains répondent oui, contre 14% des français.

Comment expliquer la permanence de cette croyance religieuse?

Trois auteurs ont apporté une explication rationnelle à ce comportement, explications complémentaires les unes des autres qui permet de mieux comprendre la réalité de la foi aux USA : Adam Smith, Alexis de Tocqueville et Max Weber. Voici les hypothèses :

  • Smith montre que la structure de l'offre religieuse aux USA est différente de celle de l'Angleterre originelle. L'Eglise est monopolistique en Angleterre alors que les Etats-Unis reposent sur un foisonnement de mouvements sectaires. Si bien qui si un individu ne se retrouve pas dans le dogme religieux en Angleterre, il quitte l'Eglise sans trouver une foi de substitution. Tandis qu'aux USA, le désaccord conduit l'individu à trouver un mouvement sectaire autre, plus en accord avec sa pensée. En d'autres termes, d'un côté, il y a une offre concurrentielle qui permet le choix et évite la scission. De l'autre, il y a une offre monopolistique qui contrainte l'individu à tout ou rien. C'est une approche rationnelle du phénomène religieux reposant sur une lecture économique (utilitaire).

  • A. de Tocqueville reprend l'idée de Smith sur la différence structurelle entre Eglises européennes et USA, mais y ajoute une autre conséquence sur la vie sociale. Par leur monopole, les Eglises européennes avaient un pouvoir de « nuisance » beaucoup plus fort vis-à-vis des Etats. Elles entraient en conflit ouverts avec l'Etat. Ces conflits se sont souvent soldés par une déperdition de leur zone d'activité (charité publique se substitue à la charité religieuse, l'école publique aux écoles religieuses, etc.). En revanche, l'éclatement de l'offre religieuse aux USA n'a pas permis aux Eglises d'entrer en conflit avec l'Etat, mais d'œuvrer à côté de l'Etat. Si bien, que faute de conflits, l'Etat n'a pas eu à s'approprier certaines sphères d'activités des Eglises. Les fonctions sociales de l'Eglise n'ont pas été avalées par l'Etat comme en Europe. Pas de conflits, pas de logique de domination. C'est pourquoi aux USA, les grandes fonctions sociales sont la plupart du temps occupés par l'Eglise. L'Etat US est moins puissant dans ses fonctions sociales que les Etats européens. Si bien que le citoyen US est dans un environnement institutionnel totalement différent de l'environnement européen, ce qui conduit les européens à analyser certains de leur comportement comme irrationnels.

« Le caractère explosé des institutions religieuses américaines (une multitude de sectes, pas d'Église dominante) a interdit la concurrence entre le spirituel et le politique qui apparaît par exemple en France pendant la Révolution de 1789. Par voie de conséquence, les sectes américaines ont conservé des fonctions sociales essentielles (le trio Health, Education, Welfare) qui sont passées aux mains de l'État dans les nations européennes. Le caractère fédéral de l'État américain, la limitation sévère des zones de compétence du fédéral ont joué dans le même sens. Il en résulte que, dans sa vie de tous les jours, le citoyen américain a recours aux services d'institutions gérées par les clergés et/ou financées par les Églises. Il lui est difficile, dans ces conditions, de développer des sentiments négatifs à leur endroit. De surcroît, la multiplicité des sectes a fait qu'aux États-Unis une grande tolérance s'est développée à l'égard des « croyances dogmatiques ». Comme ces croyances varient d'une secte à l'autre, on en est vite arrivé à l'idée que les vérités dogmatiques relèvent dans une très large mesure de l'appréciation personnelle. Cette valorisation de l'interprétation personnelle du dogme est latente dans le protestantisme. Elle est renforcée dans une situation où les sectes sont multiples. Cette donnée a engendré à son tour un effet crucial : les croyances dogmatiques étant très diverses, le fond commun du protestantisme américain est de nature beaucoup plus « morale » que « dogmatique ». En Amérique, les chrétiens et les protestants en particulier se reconnaissent donc plutôt dans les valeurs morales dont le christianisme est porteur que dans les articles du dogme. Il en résulte que la religiosité américaine a eu beaucoup moins à souffrir que la religiosité française de la contestation opposée au dogme par les progrès des sciences1. »
  • Enfin, M. Weber propose une lecture complémentaire de la pérennité religieuse. Les USA sont fondés sur un mythe égalitaire et insistent à ce titre (au moins jusqu'au début du XX) sur l'évitement de tout signe extérieur de stratification sociale (comme cela est très marqué dans les anciennes sociétés européennes aristocratiques). On n'a donc pas d'information immédiate sur son interlocuteur dans le cadre d'une interaction ordinaire. À défaut d'identification de l'appartenance sociale, c'est l'identification par l'affiliation religieuse qui va jouer ce rôle, nous dit Weber. Ainsi, plus l'émigration est éloignée dans le temps, plus on trouvera de méthodistes. A l'inverse, les catholiques représentent une immigration plus récente et plus pauvre. Ainsi, Weber fait de la religion un élément essentiel de la stratification sociale et donc de la régulation des relations interpersonnelles aux USA, expliquant en cela même sa force et sa permanence.

 

Ces approches montrent combien les hypothèses rationnelles sont plus performantes et pertinentes que les hypothèses reposant sur des forces agissantes que les individus ne font que reproduire de manière non rationnelle. Ces théories sont plus réalistes, et évitent de faire reposer les croyances sur des comportements biaisés. En outre, elles ont l'avantage d'être critique à l'égard du sociocentrisme spontané qui laisserait penser que les groupes sociaux différents de nous développent des modes de pensée irrationnels lorsqu'ils croient à des choses qui nous paraissent irrationnelles. L'irrationalité de la croyance ne s'explique par nécessairement par l'irrationnalité des comportements. Le plus souvent, les individus ont de « bonnes raisons » de croire à ce qu'ils croient. Cette rationalité est une « rationalité subjective », c'est-à-dire objectivement biaisée (dans ses effets), mais subjectivement logique dans son analyse.

 

1R. Boudon, A quoi sert la sociologie?, Cités 2002/2, n° 10, p. 133-156.

 

Publié par deusexmachina à 20:22:57 dans fragments | Commentaires (1) |

les précurseurs de la sociologie : Montesquieu | 09 octobre 2010

Charles-Louis de Secondat, plus connu sous le titre de baron de Montesquieu peut être considéré comme l'un des premiers sociologues, bien que le terme n'existait pas encore à l'époque. Ecrivant au XVIII, il s'inscrit dans le courant de la philosophie politique  d'Aristote. Néanmoins, si  on le place généralement dans les précur

seurs de la sociologie, c'est parce qu'il a tenté de saisir la diversité des modes de gouvernements des sociétés  de manière scientifique, en cherchant avant tout à déterminer, derrière la multitude des formes, l'unité de fond qui commande à chaque type de régime.

Le terme de sociologie n'apparaître qu'au milieu du siècle suivant sous la plume de Auguste Comte.

  1. Une approche scientifique du social

Montesquieu tente d'expliquer de manière scientifique les différents types de gouvernements et de société de par le monde. Il cherche à découvrir, derrière la grande diversités des mœurs et des lois, un ordre social caché. Sa philosophie politique consi

ste à mettre de l'ordre là où semble régner le désordre, à rendre cohérent et intelligible un monde en apparence désordonné. « J'ai d'abord examiné les hommes et j'ai cru que, dans cette infinie diversité de lois et de mœurs, ils n'étaient pas uniquement conduits par leur fantaisie. »

Il est le premier intellectuel à tenter de saisir les causes de l'organisation politique des sociétés de manière rationnelle. L'intention scientifique de sa démarche dans la compréhension du social fait de lui l'un des précurseurs de ce qui deviendra la sociologie. C'est dans son œuvre majeure L'esprit des lois qu'il expose sa théorie.

Dans cet ouvrage, Montesquieu observe la grande variabilité du donné historique, que ce soit en termes de mœurs, de lois, de coutumes, d'institutions. Il va chercher à saisir de grands principes derrière cette multiplicité apparente du social. Pour cela, son raisonnement repose sur deux idées centrales :

  • derrière l'événement accidentel, il existe toujours des causes plus profondes. L'ex

    plication conjoncturelle ne vaut pas toujours. L'accident n'est pas toujours le fait du hasard. S'il s'est produit, c'est parce que des causes plus obscures ont conduit à ce qu'il se produise.

  • En outre, la diversité des mœurs et des idées peuvent s'organiser à l'intérieur d'un petit nombre de types. La variabilité apparente du social peut se réduire à un nombre réduit de modèles.

L'esprit des lois se décompose en trois grandes parties :

- une première partie où Montesquieu expose ces différents types de gouvernements

- une deuxième partie où il tente de saisir les causes physiques (climatiques, géographiques) des modes de gouvernements

- une troisième partie où il tente de définir les causes sociales des types de gouvernements.

 

2. Une sociologie politique des types de gouvernements

Nous pouvons représenter la théorie des types de régime politique de Montesquieu sous la forme d'un schéma.

 

 

Types de régimes politiques

Régime républicain

Régime monarchique

Régime despotique

Principe de Gvt

Vertu politique

honneur

peur

Sentiment collectif

Amour de la loi,

dévouement au collectif

Maintien du rang, « petite » vertu

 

peur

Type d'organisation politique

Souveraineté du peuple et légalité

Gouvernement autoritaire et légalité

Gouvernement autoritaire et arbitraire

Formes de relations interpersonnelles

Honnête, libre et égalitaire

Hiérarchisées et libres

Douteuse, contrôlée mais égalitaire

 

La vertu politique qui gouverne aux sociétés démocratiques (républicaines), repose sur un esprit collectif dans lequel les citoyens sont demandeurs de lois, et avec elles d'égalité dans leur application et leur sanction. La vertu politique consiste à voir que l'intérêt personnel doit toujours s'ancrer dans l'intérêt collectif, le particulier est inséré dans le tout.

A partir de ce triptyque des modes de gouvernements, Montesquieu tente de comprendre et de repérer la cause de la diversité des sociétés. Selon lui, plusieurs causes peuvent expliquer la grande variabilité des sociétés et des types de régimes.

La première cause est le climat, le territoire, la géographie d'une société. La taille d'une société a un rôle essentiel sur son mode d'organisation politique. Plus les sociétés sont grandes, plus elles doivent être despotiques pour se maintenir. L'esprit collectif est d'autant plus unitaire qu'il est contraint et que le régime repose sur la peur. En revanche, les sociétés de petite taille sont plus facilement démocratiques.

De même, le climat et le relief détermine un type de développement économique et démographique. Or, le nombre des habitants d'une société détermine à son tour l'état des techniques de cette société. Plus les individus y sont nombreux, plus le travail aura tendance à être divisé et l'innovation à s'y développer (Marx, Smith, Durkheim).

Les causes physiques ont donc un impact important sur le mode d'organisation économique, sociale et politique d'une société.

En outre, les « mœurs et manières » (corrélatives à ce qu'on appellerait aujourd'hui les valeurs et les normes) ont également un rôle primordial dans la détermination d'un certain type d'esprit collectif. Le gouvernement républicain repose sur une certaine conception des relations aux autres, basées sur la liberté et l'égalité. Ces valeurs détermine à leur tour un mode de fonctionnement du politique.

Pour Montesquieu, il existe des causes plus déterminantes que d'autres dans le mode de régime politique d'une société, expliquant la grande diversité des situations historiques. D'une manière générale, les sociétés traditionnelles sont davantage influencées par les causes physiques/climatiques que les sociétés complexes, où les mœurs ont un rôle plus essentiels.

Pour autant, au-delà des impacts plus ou moins prononcés de certaines causalité (physiques, sociales, politiques), ce qui détermine in fine le mode d'organisation d'une société c'est plus globalement, l'esprit général d'une nation. Ce qu'il appelle ainsi correspond au manière d'être, d'agir, de penser et de sentir d'une collectivité particulière, telle que l'on faite la géographie et l'histoire. Ainsi, derrière la variabilité des sociétés, Montesquieu cherche à saisir ce qui détermine les types de sociétés, et le trouve dans l'esprit général d'une nation, sorte de concept résultant de la confluence de causalités morphologiques et climatiques, sociales, morales et politiques. Partant de la diversification sociale, il tente de percer l'unité sous-jacente des sociétés.

À l'inverse, Auguste Comte, père de l'école positive française, partira de l'unité humaine posée comme postulat pour essayer in fine de retrouver la diversité.

 

Publié par deusexmachina à 14:16:19 dans fragments | Commentaires (1) |

Auguste Comte et le positivisme | 05 octobre 2010

La sociologie de Comte

suite et fin de la pensée de Comte. Aujourd'hui, sa définition de ce qu'est la sociologie, son objet d'étude, sa méthode et du travail du sociologue, grand prophète de la Nouvelle Religion Positive (rien de moins!)

 

Pour Comte, comprendre un phénomène nécessite de le resituer dans la globalité à laquelle il appartient. Il est impossible de comprendre l'état d'un phénomène social si on ne le replace pas dans le tout social auquel il participe, souligne t-il. Ce qui vaut pour un fait social vaut a fortiori pour l'histoire. Tout moment historique ne peut être compris que replacé dans un passé, un présent et un devenir historique. Ainsi, le moment historique doit être pensé dans un continuum, dans le tout de l'histoire.

Comte développe une pensée synthétique et non analytique. Les objets étudiés ne doivent pas être observés indépendamment du milieu duquel ils sont prélevés. Ce qui vaut pour les choses ne vaut pas pour les êtres vivants. C'est pourquoi la biologie constitue le moment de rupture dans les sciences. Un organe doit être étudié et pensé non pas en lui-même, sans quoi il est un organe mort, mais dans sa fonction au sein de l'ensemble du corps humain. C'est identique pour l'histoire.

La sociologie, en tant que science synthétique, est donc aux yeux de Comte la science de l'histoire de l'espèce humaine, en tant qu'unité et continuité. Il faut accorder la priorité au tout sur les parties. « science du tout historique, elle détermine en effet non pas seulement ce qui a été et ce qui est, mais ce qui sera, au sens de la nécessité du déterminisme1. » C'est une approche holiste du social2.

La sociologie aura donc pour but de mettre à jour les lois de l'évolution du progrès humain.

A. Comte écrit au XIX, époque très marquée par les découvertes en biologie et en physique. Le déterminisme est à la mode. Pour Comte les sciences comme les mathématiques, ou la physique sont des sciences positives, abouties qui sont uniquement basées sur la raison et l'ordre. Les sciences sociales et humaines doivent à leur tour devenir des sciences positives, dégager des lois universelles et se baser sur la raison. L'essentiel de son projet consiste à réduire l'ensemble des connaissances humaines en un principe d'unité.

Ainsi, sa pensée repose sur trois grands idées :

- la société industrielle naissante a un caractère exemplaire et va devenir le modèle universel.

- la pensée scientifique a un caractère doublement universel :

- elle va conquérir l'ensemble du monde par la véracité de ses propos (lois infaillibles)

- elle va se diffuser à l'ensemble des sciences (psycho, socio, économie, morale) qui permettront de découvrir les grandes lois du fonctionnement de l'esprit

- Enfin, il est convaincu de l'unité de l'ordre social : toutes les sociétés sont unifiées derrière leur diversité au travers de cette dynamique sociale universelle. L'Humanité remplace Dieu, et les sociologues les prêtres dans cette vision.


Le travail du sociologue

Sa sociologie repose en fait sur une approche statique et dynamique du social, où la statique l'emporte.

La statique sociale consiste en une vision de l'état social à un moment donné d'une société, en tant que totalité. La statique sociale comprend à la fois l'analyse des éléments organiques d'une société (ses parties) et des éléments essentiels qui déterminent l'ordre social (le bon fonctionnement du tout). La question posée par la statique sociale est : quels sont les organes essentiels au bon fonctionnement du tout? Qu'est-ce qui permet le consensus social d'une société donnée au-delà de la diversité historique?

La dynamique sociale en revanche, consiste à relever les différentes étapes de la marche d'une société vers sa fin. Par quelles étapes successives sont passées les sociétés humaines? Quels sont les éléments essentiels qui gouvernent au devenir historique? La dynamique sociale a pour but de parcourir les différentes étapes nécessaires du devenir de l'esprit humain.

Si bien que ce qui domine chez Comte, c'est la société comme tout organisé, nécessairement orienté vers le développement de l'esprit positif. Ainsi, l'ordre social est contenu dès le début de l'histoire de l'humanité. La statique sociale prime sur la dynamique. La dynamique sociale n'est que le moyen de la statique. Ce qui domine c'est l'ordre (la statique). La dynamique représente le progrès de l'histoire. Mais c'est toujours à partir de l'ordre que l'on peut comprendre le déploiement de l'histoire. D'où la devise du positivisme, que l'on retrouve sur l'étendard brésilien : « le progrès est le développement de l'ordre ».

En outre, pour que l'ordre social soit harmonieux et les sociétés bien intégrées, Comte réfute les idéaux d'individualisme et de liberté nés des Lumières et de la Révolution. Pour lui, seul l'altruisme peut maintenir une société intégrée. Et la vraie liberté ne procède que de l'ordre. D'ailleurs, Ordre et Progrès sont les maîtres mots de la morale positiviste.

Pour lui, le travail du sociologue est avant tout de se poser comme le savant du devenir humain, comme celui qui sait ce que sera demain et qui a donc un rôle de conseil avisé et d'instruction des avantages de l'organisation sociale positive. Le sociologue est une sorte de prophète qui sait l'avenir et qui doit tout mettre en œuvre pour le faire advenir. Comte a le désir de transformer la façon de penser des hommes en diffusant la science positive. Le sociologue est une sorte de prophète pacifique3 qui instruit les esprits pour leur indiquer la voie à suivre.

 

Conclusion

Pour Comte, la sociologie est la nouvelle religion sociale qui doit s'imposer (la Religion de l'Humanité en 1847), par l'observation des faits. C'est une science qui se doit d'être positive : c'est-à-dire rigoureuse et scientifique, fondée sur la foi et non le doute. Elle doit tirer des lois, mettre à jour des déterminismes historiques. La sociologie a vocation a devenir une science au même titre que la physique, la biologie ou les mathématiques → Durkheim en sera son digne successeur. Censée partir des faits, elle doit, par une méthode rigoureuse et scientifique être en mesure de prédire l'action des hommes et de l'organiser au mieux. C'est une pensée de l'ordre social. Basée sur une approche déterministe et évolutionniste de l'histoire humaine.

 

 

1 Raymond Aron, Les étapes de la pensée sociologique, Paris, Gallimard, 1967, p. 84.

2 Approche que l'on retrouvera chez celui qui est considéré comme le véritable père de la sociologie en France, Emile Durkheim.

3 A la différence de Marx, il est contre l'utilisation de la violence pour imposer le nouvel ordre harmonieux (positif) du monde.

 

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Auguste Comte et le positivisme (2) | 04 octobre 2010

Pour faire suite à la présentation débutée dans le précédent billet de la pensée de Comte, je vais aujourd'hui  développer sa vision évolutionniste de l'histoire. Il fait reposer sa vision de l'histoire humaine sur trois grandes phases correspondant à trois grandes étapes de la pensée humaine.

La loi des trois états

L'esprit humain a traversé trois grandes phases de pensée de l'histoire. Ces différentes phases ont connu des développements plus ou moins rapides selon les différents domaines de connaissance scientifique du monde. Comte lie les phases de développement de l'esprit à une hiérarchie des sciences. Aux sciences inorganiques, la pensée positive est venue plus vite, car ce sont des sciences moins complexes (mathématiques, physique, chimie). Aux sciences organiques (du vivant), plus complexe, la pensée positive doit maintenant accéder.

Les sociétés humaines se sont toutes développées suivant un processus dynamique invariable passant par trois étapes successives. Les sociétés les plus évoluées sont dans leur dernière phase tandis que les autres doivent y entrer pour leur bien-être : c'est ce qu'on appelle la loi des trois états.

Etat théologique ou fictif

les phénomènes s'expliquent par des entités,

des forces et des êtres surnaturels.

Déterminisme surnaturel, fétichiste du monde 

Etat métaphysique ou abstrait

les phénomènes s'expliquent par des entités, notions abstraites

comme la Nature, le Droit, etc.

Déterminisme par les valeurs, des idées

Etat scientifique ou positif

les phénomènes s'expliquent par l'observation rigoureuse

et la définition de lois

Déterminisme scientifique, positif

 

L'état théologique se décompose encore en trois stades : l'état fétichiste (totémisme), l'état polythéiste et l'état monothéiste. La coopération sociale prend la forme de l'ordre militaire. L'état métaphysique correspond à la phase de développement des libéraux et des juristes, âge agité, de tensions, ce que Comte appelle les fauteurs de révolution qu'il abhorre. Phase de crise sociale, de tensions, dominées par des idéaux. Enfin, l'état positif correspond à la société industrielle, où la science règne en maître et où les hommes de science constituent les nouveaux prêtres de la religion de l'Humanité.

Ces phases sont une loi de l'Histoire à laquelle aucune civilisation n'échappe. Le travail du sociologue pour Comte n'est pas tant de comprendre les causes de ce mouvement, que d'instruire les hommes et de les orienter vers cette dernière étape de développement. Si les hommes sont libres, leur liberté réside justement dans leur capacité à passer plus ou moins rapidement aux stades ultérieurs de développement. L'histoire est déterminé ; la liberté de l'homme s'exerce dans sa capacité à précipiter ou freiner la fin de l'Histoire1. Les sciences du vivant doivent donc accéder à la pensée positive.

Sa hiérarchie des sciences repose sur le postulat de la complexification. Plus on s'éloigne de la matière inorganique, plus le domaine des sciences se complexifie.

 

                                   Du plus simple...                        Mathématiques

                      matière inorganique physique                    physique

                                                                                      chimie

                                      rupture :                                  biologie

                         organique et inorganique

                                                                                      histoire

                                ... au plus complexe

                                 matière vivante                              sociologie

 

En fondant la sociologie, Comte se veut le fondateur de la pensée positive de l'histoire de l'humanité. La Sociologie, comme par le passé les sciences de la nature doit révéler les grandes lois qui gouvernent au devenir historique des hommes. Or, pour lui, il n'existe qu'une seule et unique histoire humaine. La variabilité des sociétés s'inscrit dans l'unité de l'histoire humaine. La tâche du sociologue est de repérer et de faire advenir l'état final qu'est l'état positif.

 

1 Au XIX, la plupart des intellectuels théorise la fin de l'Histoire avec l'avènement de la science, de la démocratie, faisant du progrès social, technique et scientifique le moteur de cette fin heureuse.

 

Publié par deusexmachina à 19:55:53 dans fragments | Commentaires (1) |

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