• les chemins de la désillusion

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>Retour sur avril 2005 ou de la « lepénisation des esprits »

    <o:p> </o:p>

    Au lendemain du second tour de la présidentielle, la majorité des français se sont réveillés soulagés. Soulagés d'un cauchemar commencé quinze jours plus tôt sans que personne n'aie pu le prévoir. Soulagés d'avoir vu triompher, au moment même où elle était le plus menacée, la démocratie. Mais après cette éclatante victoire de la république, ne nous laissons pas aveugler par sa trop vive clarté. Car derrière les apparences se cachent le spectre de l'ignoble, de l'indicible, le visage du néo-fascisme et de la xénophobie.


    La large victoire obtenue au soir du 5 Mai ne doit pas occulter la troublante et effrayante réalité du scrutin éprouvée 15 jours auparavant.


    Ne nous voilons pas la face. La victoire d'hier, certes nécessaire, n'est que le masque qui couvre des lendemains moins glorieux, l'apparence salvatrice cachant un certain « dés-être » social. Il serait dès lors inimaginable de faire fi de triomphalisme bien trop rapide et de lever les bras au ciel en clamant à la victoire des idéaux républicains et démocratiques. Non, la Bête n'est pas morte, tout juste est-elle blessée. Il reste dans ce pays plus de 5 millions de citoyens prêts à se rallier à la cause lepéniste et ce malgré le tintamarre médiatique et la déferlante humaine qui ont dénoncé les funèbres oraisons de ce chant xénophobe et raciste. Combien sont-ils en ce mois de janvier 2007 désormais ?  Les médias, pour une fois, dans leur prise de position avouée, dans leur subjectivité affichée en lieu et place de leur pseudo sacro-sainte neutralité autoproclamée ont permis de relayer ce flot humain lancé à l'assaut de la rue pour crier son refus de l'extrémisme. Plutôt que de feindre une pseudo-objectivité, les médias ont concouru à dénoncer le visage  hideux du néo-fascisme qui tentait avec beaucoup de difficultés de se dissimuler sous les fresques  d'une apparence quasi-angélique, au costume d'une blancheur candide et aux paroles à l'accent papal. Reconnaissons que le masque a vite cédé sous le poids du soulèvement populaire. Derrière cette façade séraphique trop fragile, la Bête a vite refait surface pour hurler à la tricherie, à l'infamie, et à la tyrannie despotique des médias. Bref, à  tout ce dont elle se nourrit et avec quoi elle croît toujours davantage. Car si hier plus de 15% de la population a voté Le Pen, combien seront-ils demain ?


    Ne croyons pas la bête déchue. Elle n'est pas morte. Déjà, elle prépare sa vengeance, prête à se nourrir de son excès de victimisation, prête à envoûter et à  se gargariser des énergies nouvelles qui l'ont ralliée. Et tandis  qu'en surface, la République se relève, fière d'exhiber ses principes et ses règles démocratiques, dans l'ombre travaille le Malin, à l'abri des flashs et des crépitements luminescents de la société bien-pensante. Aussi, il serait de bon augure que nos dirigeants, mais que nous aussi simple citoyens de France, prenions nos responsabilités et n'entérinions pas si vite le spectre de la haine et de la xénophobie qui s'est dressé hier.

    <o:p> </o:p>

    Dans un monde qui va de plus en plus vite, dans une société du zapping, de la sursaturation informationnelle qui débouche paradoxalement sur un sentiment de plus en plus marqué d'indifférenciation généralisée et de « je-m-en-foutisme » social, n'oublions pas trop vite les errements d'hier. Apprenons à retenir les leçons avant d'en tirer les conséquences. Pour ne pas laisser l'extrémisme refaire surface, il est nécessaire de toujours l'avoir à la conscience. Il est nécessaire de bien se souvenir que toutes les dictatures se sont nourries de l'exclusion et du déni d'une partie de la population. Que tous les régimes autoritaires, avant de parvenir au pouvoir ont réussi à gagner les ferveurs des couches populaires et souvent aussi via la complicité des couches dirigeantes. N'oublions pas non plus que la démocratie n'est pas un dû, mais un acquis social qui, s'il ne s'est pas fait en un jour peut être défait en une nuit.


    Cessons donc de nous leurrer à penser que la France est un pays magnifique où le racisme, la haine et la xénophobie n'existent pas. Bien sûr qu'ils existent, il y aura toujours des individus pour croire à l'inégalité des races, il y aura toujours des ignares, des révisionnistes, des négationnistes, des abrutis pour croire à tout cela (une infime partie)  mais il y aura aussi tout les autres : ceux qui ont perdu l'espoir, ceux qui sont laissés pour compte, ceux qui sont les exclus du système économique et social (la majorité). Pour tout ceux-là, si les politiques actuels ne font rien, demain ils grossiront les rangs lepénistes ou megrétistes (sarkozystes ?).  On sait ce qu'on perd, mais on ne sait  pas ce qu'on gagne dit le dicton. Certes, mais lorsqu'on n'a plus rien à perdre...

    <o:p> </o:p>

    Donc pas de triomphalisme.  Car même si M. Le Pen a été défait hier, ses idées et son talent d'orateur ont commencé à s'immiscer doucement dans les consciences. Une fois qu'on a laissé le diable entrer chez soi, il ne demande plus à ce qu'on l'en sorte. Et petit à petit, il s'installe, on s'habitue à sa présence, il effraie moins, il terrorise moins. Et tel un mal qui nous ronge, il grandit et grossit jusqu'à gangrener l'ensemble du corps social. Il est temps de réagir ; mais il est déjà trop tard, le corps est trop souffrant, il s'effondre, il va mourir...


    C'est ce qu'on appelle plus communément la « lepénisation » des esprits.

    <o:p> </o:p>

    Méditons en guise d'avertissement ce bon mot de Thomas Jefferson : « Si tu es prêt à sacrifier un peu de ta liberté pour un peu plus de sécurité, alors c'est que tu ne mérites ni l'une ni l'autre. »

    <o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> </o:p><o:p> </o:p>

     


  • Commentaires

    1
    Mardi 6 Février 2007 à 01:02
    et le capitalisme de marché ?
    Certes. Mais n'est pas le capitalisme de marché qui détruit le lien social et la république ? N'est ce pas lui qui détruit les espoirs et convictions ? N'est ce pas lui qui nous prépare la fin de la démocratie (si ce n'est pas déjà fait) ?
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :