• Aux urnes citoyens!

    Demain, c'est le grand Jour!

    Personnellement, mon vote est déjà arrêté depuis suffisamment longtemps pour ne pas être susceptible de changement dans les dernières heures qui précèderont le choix de notre avenir pour les 5 années à venir au minimum. Mais je compends les indécis, les scruteurs de la dernière heure, les hésitants, récalcitrans, douteux, suspicieux, réfléchis, pessimistes, fatalistes qui doutent, hésitent, penchent, encore. Il faut dire que cette campagne aura été longue et éreintante, tant pour les candidats que pour les désireux de suivre avec pugnacité et volontarisme les moindres mouvements de nos "futurables" présidentiels.

    Mais l'indécision n'est pas mère de l'abstention, contrairement à l'indifférence. L'indécision est la marque d'un activisme certain à l'égard des idées, programmes et personnalités des uns et des autres, elle est un appel à l'adhésion, elle est un appel à la capacité de conviction des candidats. Le vrai choc de 2002, à cetitre, ne provenait pas tant de la situation de Jena Marie le Pen au second tour de l'élection présidentielle (après tout en nombre de voix, il est resté au même niveau qu'aux élections précédentes, soit environ 4 millions d'électeurs) que du désintérêt et du désinvestissement majeurs de la campagne présidentielle de la part des citoyens. mais cette déshérence ne doit pas etre simplement analysée comme un insouciance au vivre-ensemble au profit d'une égotisation de l'individu-citoyen centré sur lui-même et éloignée des sphères de décisions démocratiques comme le pressentait déjà A. de Tocqueville il y a 150 lorsqu'il relevait les effets pervers potentiels de la démocratie tout en la défendant âprement. ce désintérêt des citoyens est aussi (avant tout) à comprendre ex post, comme conséquence d'un contexte historico-politique particulier.

    Essoufflement des élites gérontocratiques, insuffisance de visions claires et antagonistes, effondrement du Mur de Berlin et des antagonismes sociaux/libéraux, cohabitation française qui a jeté l'ambiguité sur les positionnements idéologiques des uns et des autres, suffisance des dirigeants dans leur insistance autiste à se croire au second tour, attention malhonnête des journalistes sur les "brèves" de campagne et les petites phrases au détriment des idées et des discours, sont les éléments contextuels qui ont contribué à faire émerger le spectre tant redouté de la présence de Le Pen au second tour.  

    L'histoire est condamnée à se répéter pour ceux qui ne la connaissent pas dit-on. Peu de chances qu'une telle situation se reproduise aujourd'hui (demain!) tant la diabolisation de 2002 marque cette campagne à coup de "vote utile" et de rejet de l'extrémisme. Mais encore une fois, il est facile de chercher les réponses à ses propres errements dans la cour du voisin. La non-présence de Jospin au second tour de 2002 doit davantage à une campagne molle, pragmatique, froide et aseptisée qu' à la multiplication et l'éparpillement des voix de gauche sur les candidats de l'ultra-gauche. Effets plus que cause de l'échec opinien, le reportdes voix à gauche de la gauche ne doit pas faire culpabiliser les victimes. Pour ne prendre que mon cas personnel, mais je pourrais en rapporter des dizaines d'autres, ce n'est pas par conviction que j'ai voté Mamère au premier tour en 2002, mais par rejet de la vision jospinienne.

    Dire que la multiplication des petits candidats de la gauche antilibérale a conduit à l'éviction de Jospin est un scandale éhontée. Si cela était le cas, ces votes d'ultra-gauches auraient été des votes d'adhésion aux idées portées par ces candidats et à leur vision de la France. Or, ils étaient avant tout (pour la plupart) ds votes de rejet, de mise en garde à l'attention du candidat socialiste. Stratégies citoyennes qui auraient du conduire Jospin a rectifié le tir, tout au moins à écouter cette "vox populi" plutôt que de ne faire que l'entendre.Si Jospin a perdu c'est parce qu'il n'a pas réussir à séduire une partie de l'électorat, tant au niveau des idées que de la personnalité. S'il a échoué, il est en le responsable, lui et ses camarades du Parti Socialiste. Les premières victimes en ont été les citoyens de gauche, n'en faisons pas des coupables. Le citoyen ne vote pas "contre" par plaisir, par goût de la contradiction. Il vote "contre" s'il ne peut pas voter "pour". Aux représentants politiques detrouver des moyens de fare adhérer les citoyens à leurs projets et à leur personnalité!

    C'est ce que cette élection semble faire mieux que jamais. Les trois candidats (quatre) en tête des sondages le savent très bien, qui jouent de leur image avec un plaisir et une maîtrise certains. A n'en pas douter, l'abstention sera "faible" cette fois-ci. je prends le risque de la prédire autour de 18%, soit un taux de participation de l'ordre de plus de 80%, chose rare depuis l'élection du président de la Républiqueau suffrage universel.

    Gageons que les indécis se décident, que les hésitants se rassurent, que les pessimistes s'optimisent, que tous autant que nous sommes projetions nos désirs et nos convictions de manière à faire émerger une véritable révolution silencieuse et démocratique ce 22 avril 2007. Personnellement, je disais, mon vote est arrêté.

    Que tous se dressent sur la ligne de départ, la course va être lancée. A vos bulletins, prêts, votez!


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